Sorti en toute fin de vie de la Nintendo 64, Conker's Bad Fur Day marque l'une des dernières collaboration entre le (mythique) studio Rareware et Nintendo. Et non des moindres puisque l'on tient là une petite perle aussi surprenante que délirante, parfaite synthèse entre aventure et plate-forme.

Chez Rare, nous n'avons pas été sage du tout cette fois ...
Avant d'entrer dans le vif du sujet, attardons-nous un petit peu de temps sur la jaquette du jeu : nous pouvons apercevoir Conker, le héros de l'histoire, et sa compagne, Berri. A première vu, tout paraît normal...sauf qu'il ne s'agit que de la partie émergée de l'iceberg. Le détail qui change tout ? Notre ami tient dans ses petites mimines une bière. Et oui ! Derrière ce petit côté sympathique et mignon se cache en réalité la violence, le sexe, la coprophilie, l'alcoolisme...en un mot : le vice. Étonnant n'est-ce pas ? Si bien que le jeu s'est vu déconseillé aux moins de 16 ans et que Nintendo a refusé de l'éditer au Japon et en Europe. THQ s'est chargé de le faire, et nous ne pouvons que les remercier pour cette prise de risque. Le titre quant à lui pourrait se traduire par « le lendemain de cuite de Conker », ce qui en dit long sur le contenu du soft. A noter que le jeu est intégralement en anglais, ce qui n'est pas un réel problème en soi (pas besoin d'être bilingue) même si parfois le texte défile un peu trop rapidement et que les moins anglophones d'entre vous auront peut-être du mal à comprendre certaines expressions et autres blagues.
Le joueur incarne donc Conker, un mignon petit écureuil (de 21 ans tout de même !) aux poils roux, qui a tendance à abuser de la bouteille. Un beau jour et après une soirée bien arrosée, ne sachant ni trop comment ni pourquoi, il se réveille au milieu de nulle part avec un atroce mal de crâne. Après avoir retrouvé ses esprits, il est bien décidé à rentrer chez lui retrouver sa chère et tendre Berri. Pendant ce temps, au château, le roi Panthère charge le Professeur de trouver une solution à son problème de table bancale. Après d'intenses réflexions et autres tests scientifiques, il faut se rendre à l'évidence : seul un écureuil roux peut empêcher cette fichu table -et par la même occasion le verre de lait du roi- de tomber… Stupide, délirant, voilà un scénario on ne peut plus original, n'est-ce pas ? Malheureusement, il s'agit plus d'un prétexte pour servir les aventures de Conker qu'autre chose, le jeu n'ayant pas réellement de fil directeur.
 Notre ami l'écureuil vagabonde ainsi dans un monde plus ou moins grand, divisé en différentes zones qu'il faudra explorer (la zone militaire, la montagne de crotte ou le manoir par exemple) et ce qui frappe en premier, ce sont les graphismes. Il s'agit là, sans doute possible, d'un des plus beaux jeux de la Nintendo 64. Couleurs, ombres dynamiques, tous les ingrédients sont réunis pour nous offrir un jeu des plus aboutis techniquement. Seuls points noirs au tableau : une fluidité parfois faiblarde et une caméra un peu folle par moments qui mettra vos nerfs à rude épreuve (notamment lors des passages aquatiques). Disséminées un peu partout dans le monde, des plaques rondes (aussi appelées Context Sensitive) permettront au héros d'effectuer une action spécifique au contexte dans lequel il se trouve en appuyant sur B. Par exemple, il pourra sortir un lance-pierre pour tuer des ennemis lui barrant le passage, ou bien boire de la bière pour uriner sur des PNJ... Voilà un système simple et efficace qui permet une certaine variation dans le gameplay, mais qui se révèle au final assez limité (ces actions ne sont possibles que si Conker se trouve sur une plaque). Notons par ailleurs la présence de quelques phases plutôt originales (à bord d'un véhicules ou avec un Conker quelque peu...différent) qui méritent le détour.
Au cours de sa pérégrination, Conker rencontrera de nombreux petits personnages aussi mignons que vulgaires qui réclamerons un peu d'attention et d'aide. En bonne âme charitable que vous êtes, vous leur porterez assistance (parfois contre votre grès cela dit). Et que gagnerez-vous en rétribution ? Du pognon. Oui, vous avez bien lu. Ici, pas question de ramasser des étoiles, des pièces de puzzle, ou des bananes, non non non ! Dans ce jeu, le but de Conker est d'amasser de l'argent. C'est avec ce genre de détail que l'on comprend où se trouve tout l’intérêt du titre de Rareware : ce fossé entre fond et forme, cette confrontation entre un univers enfantin et un propos disons « pour public averti », sans oublier une bonne dose d'humour à tendance salace...c'est cette particularité qui a permis au jeu de se distinguer de ses pairs. Entre des situations toujours plus loufoques, des dialogues aussi crus qu'un steak tartare et quelques références cinématographiques à Matrix et Apocalypse Now (entre autres), vous ne risquerez pas de vous ennuyer, même si malheureusement l'aventure se boucle assez rapidement : une dizaine d'heure vous sera nécessaire pour terminer le jeu en solo. Le jeu profite néanmoins d'une bonne replay value tant son univers est particulier et vous pourrez toujours prolonger l'expérience avec vos amis dans le mode multijoueur.
Note : Le mode multijoueur de Conker's Bad Fur Day n'ayant pas pu être joué, le test traite exclusivement du mode solo.
| En conclusion |
| L'avis de la rédaction |
Très proches de ses aînés (Banjo & Kazooie, Banjo-Tooie et Donkey Kong 64), Conker's Bad Fur Day arrive à s'en démarquer par son humour et son univers si particuliers. Un jeu assez inattendu à ne pas mettre entre toutes les mains!
|
| Les plus... |
Les moins... |
* L'humour * La confrontation de l'univers et du propos * Le Rareware des années 90 * Les graphismes |
* Une caméra parfois énervante * Quelques baisses de framerate * Une durée de vie décevante |
|
| Verdict des lecteurs |
Note globale des lecteurs : (3 notes)
    
9 /10
Noter ce test: Tu dois être connecté!
|
|